Soigner la polyarthrite rhumatoïde

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La polyarthrite rhumatoïde est une maladie chronique inflammatoire des articulations qui se manifeste par des douleurs et un gonflement des articulations. Elle touche un peu moins de 1 % de la population, principalement des femmes de plus de 50 ans. Les articulations les plus touchées sont les mains et les pieds.

La maladie est causée par un dérèglement du système immunitaire dont l'origine est mal connue. Son évolution est variable selon les individus, mais, dans la plupart des cas, elle évolue par poussées.

Certaines formes graves entraînent des destructions articulaires plus ou moins sévères avec déformations, responsables d'un handicap fonctionnel important. Les traitements ont fait ces dernières années de réels progrès et permettent à de nombreux malades d'entrer en rémission et de réduire, voire de stopper, la destruction articulaire.

Voici nos conseils pour vous aider à soigner la polyarthrite rhumatoïde.
 

 

1. Faites diagnostiquer une polyarthrite rhumatoïde

Vous souffrez possiblement d'une polyarthrite rhumatoïde si :

  • Vous avez des douleurs articulaires.
  • Vous êtes réveillé la nuit par vos douleurs.
  • Vos articulations sont chaudes et gonflées.
  • Le matin, vous êtes rouillé plus de 30 minutes.
  • Vous êtes très fatigué.

Si vous pensez souffrir d'une polyarthrite rhumatoïde, consultez rapidement votre médecin qui pourra établir un diagnostic et instaurer un traitement. Le diagnostic est fait sur un faisceau d'arguments associant des signes cliniques, biologiques et radiologiques.

2. Suivez scrupuleusement votre traitement médicamenteux

Votre médecin vous a donné un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde et vous avez débuté un traitement. Très souvent, il s'agit d'une association de cortisone et de médicaments antirhumatismaux (le méthotrexate en première intention et les inhibiteurs de JAK en cas d’inefficacité). Comment mettre toutes les chances de votre côté pour une bonne efficacité des traitements ?

  • Prenez la cortisone le matin à heure fixe.
  • N'interrompez jamais la cortisone sans l'avis de votre médecin.
  • Ne modifiez pas la dose de vos traitements sans l'avis de votre médecin.
  • Ne stoppez pas un traitement sans l'avis de votre médecin.
  • Faites-vous vacciner contre la grippe.

Bon à savoir : la vaccination antigrippale chez les patients atteints d’un rhumatisme inflammatoire chronique réduirait les risques de contracter la grippe, d’être hospitalisé et de subir une poussée évolutive d’une BPCO.

  • Ne cédez pas aux sirènes d'hypothétiques remèdes miracles (compléments alimentaires, produits naturels, etc.).
  • Faites réaliser régulièrement les prises de sang de surveillance qui vous ont été prescrites.
  • Ne prenez aucun autre traitement sans l'avis de votre médecin afin d'éviter les interactions éventuelles.

Ainsi, même s'il faut suivre les dernières recommandations de l’EULAR (European League Against Rheumatism) qui indiquent que « les patients doivent avoir accès à plusieurs médicaments avec différents mécanismes d'action [et qu’ils] peuvent nécessiter plusieurs thérapies successives tout au long de la vie », seul le médecin doit en décider.

À noter : l’EULAR recommande, « si l’objectif thérapeutique n’a pas été atteint avec le premier traitement de fond et lorsque les facteurs de mauvais pronostic sont présents », d’y associer une biothérapie ou un traitement de fond synthétique. L’inefficacité de deux ou plus de ces nouveaux traitements suffit pour définir une PR difficile à traiter.

3. Prenez soin de vous et soulagez votre polyarthrite rhumatoïde

Luttez contre les douleurs

  • Appliquez du froid sur vos articulations douloureuses : utilisez un sac de petit pois congelés ou un gant de toilette rempli de glaçons.
  • Apposez la poche de froid sur la ou les articulations douloureuses durant 10 minutes deux à trois fois par jour.
  • Prenez soin de vos pieds et chaussez-vous confortablement, les conflits entre vos pieds et les chaussures aggravent les douleurs et le risque de déformation.
  • Faites un régime adapté en cas de surcharge pondérale. Le surpoids aggrave les douleurs.
  • Utilisez des aides techniques plutôt que de faire des gestes en force (ouvre-bocal, ouvre-boîte électrique, brosse à dents à gros manche, chausse-pied à long manche, ramasse-objet télescopique).

Luttez contre la fatigue

  • Pratiquez la relaxation, elle réduit la fatigue.
  • Mangez équilibré, il n'existe aucun régime miracle.
  • Couchez-vous à heure fixe.
  • N'hésitez pas à vous octroyer une sieste quand vous en ressentez le besoin.

Bon à savoir : consommer 1 g par jour d’ail pendant deux mois permettrait de réduire la fatigue et l’intensité des douleurs chez les patients souffrant de PR.

Gardez une bonne hygiène de vie

  • En dehors des périodes de poussées, conservez une activité physique régulière (80 % des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde déclarent que leur état s’améliore grâce à l’exercice régulier).
  • Privilégiez les sports d'endurance qui permettent de lutter contre les complications respiratoires de la PR (l’arrêt du tabac est un autre élément essentiel pour prévenir les troubles pulmonaires ou éviter leur aggravation).
  • Cessez le sport et reposez-vous en période de poussées.
  • Prenez soin de votre parodonte en consultant régulièrement un dentiste. En effet, les douleurs articulaires (notamment dans le cadre de la polyarthrite rhumatoïde) peuvent découler de la dissémination de la bactérie Porphyromonas gingivalis présente en cas de maladie parodontale. Des études ont montré que la prise en charge non chirurgicale de cette maladie réduisait nettement les symptômes ainsi que l’évolution de la PR.
  • Ayez une alimentation riche en oméga-3 pour bénéficier de leur action anti-inflammatoire et antioxydante. Pour un effet thérapeutique, consommez au moins 2 g par jour d’un mélange EPA/DHA sur une durée prolongée.
  • Faites le plein de vitamine D pour lutter contre l’inflammation et pour un meilleur système immunitaire. Une supplémentation apportant 3 000 UI de vitamine D3 par jour au cours d’un repas est indiquée mais des doses supérieures peuvent être nécessaires en cas de carence sévère (demandez conseil à votre médecin).

À noter : la vitamine K2 favorise l’absorption de la vitamine D et est également anti-inflammatoire ; elle peut se prendre à raison de 75 à 150 µg/jour.

 

Réorganisez votre vie

  • Consultez une assistante sociale qui vous aidera à faire les démarches nécessaires pour améliorer l'accessibilité de votre logement (installation d'une baignoire adaptée, changement des robinetteries).
  • Envisagez si nécessaire une réorientation professionnelle. Une assistante sociale peut vous y aider en montant avec vous un dossier auprès de la MDPH (maison départementale des handicapés) de votre département.
  • Faites une demande de carte de stationnement debout pénible (la demande s'effectue auprès de la MDPH).

Ces pros peuvent vous aider